Il m'est arrivé de drôles d'histoires dans ma vie, mais si je devais seulement en citer une, ce serait celle qu'il m'a été donné d'entendre lorsque j'avais vingt-deux ans. Je n'étais alors qu'un jeune homme sans grand intérêt, hormis que j'étais encore malgré mon âge un grand rêveur.
Je me souviens qu'un jour, alors que je discutais avec une amie sur internet, je reçu une lettre pour la moins étrange. En effet, cette lettre provenait d'une personne qui m'était quasiment étrangère. Elle fut par le passée, pendant un très cours moment, notre voisin alors que nous venions d'emménager – mes parents et moi – dans une nouvelle maison.
Dans mes souvenirs, cet homme vivait seul, sa femme étant déjà morte depuis de nombreuses années il me semble. Il s'agissait de quelqu'un de calme et sympathique, bien qu'il fût distant avec tout le monde, sauf avec moi étrangement.
Il m'arrivait parfois de discuter avec lui, lorsque par exemple je le voyais dans son jardin et que j'étais seul chez-moi. Il m'invitait alors à prendre un chocolat chaud. Je me souviens l'avoir vu dans ces moments là enchanté par ma passion des histoires chevaleresque. Pour moi, à cette époque ou je ne devais pas avoir plus de dix ans, le Moyen-âge était une période de notre histoire fabuleuse, ou de fiers chevaliers s'en allaient combattre bravement les ennemis de tout genre, qu'ils soient bien réels ou imaginaires, et cela, en étant prêts à sacrifier leurs vies.
Pourtant, à part ces quelques rares discussions, je n'avais pas réellement eu l'occasion de faire sa connaissance. Il a dû déménager trois mois après notre installation. Par la suite, je n'ai plus jamais eu de nouvelles de lui. C'est pour cette raison, que lorsque je reçu cette lettre et que je pris connaissance de son contenu, ma surprise fut totale, me laissant même perplexes pendant plusieurs jours.
En effet, dans cette lettre, il m'informait de manière plus ou moins urgente que je devais le rejoindre dans un coin reculé, en montagne, sur un plateau en plein milieu d'une immense forêt. Il désirait me révéler selon lui, quelque chose d'extrêmement important à ses yeux.
Pour tout vous dire, l'idée me parut au départ saugrenue. Pourquoi me révéler à moi quelque chose de si important ? Moi qu'il n'avait connu que brièvement lors d'une période de sa vie. Pourtant, sans réellement savoir pourquoi, je me suis décidé à y aller. C'est ainsi que je me suis retrouvé en plein mois de décembre, au beau milieu d'une forêt enneigée à tenter de trouver en vain la maison qu'il m'avait indiqué tant bien que mal.
Sans possibilité d'y aller en voiture, je dû à pied, me frayer un passage dans l'épaisse neige qui tombait depuis plusieurs jours. Bien plus que le froid, ce qui m'inquiétait vivement était de tourner en rond sans jamais trouver ce que je cherchais.
À plusieurs reprises, il me sembla entendre des pas discrets autour de moi. Pourtant, lorsque je m'arrêtais et tendait l'oreille, il n'y avait aucun son suspect, juste un léger vent et le craquement du bois sous la froidure de l'hiver. Il y avait également, de temps à autre, le glatissement d'un aigle survolant la forêt, certainement à la recherche de nourriture.
Alors que je pensais rebrousser chemin pour de bon, fatigué et affamé par ma vaine recherche, j'entendis enfin une voix au loin qui s'approchait tout en m'appelant. Heureux d'avoir enfin trouvé celui que je cherchais depuis des heures, je me suis précipité vers lui. Il sembla content de me voir et m'invita sur le champ chez lui.
Après une demi-heure de marche soutenue ou nous ne parlâmes quasiment pas, nous arrivâmes enfin devant une solide petite maison en bois, battit à flanc de colline, la préservant du vent. Il m'incita aussitôt à prendre mes aises, puis me fit asseoir face à un bon repas qui mijotait sur le feu durant notre absence.
Lorsque nous fûmes enfin rassasiés, il m'invita à m'asseoir dans de confortables fauteuils, puis après m'avoir servit un thé, commença à me parler de la raison pour laquelle il m'avait invité.
À partir de ce moment, j'ai pris la décision de vous retranscrire aussi fidèlement qu'il m'est possible le récit dont il m'a fait part, en espérant réussir à vous faire partager cette histoire aussi bien qu'il me l'a contée...
* *
Veuillez-vous asseoir, je sais que la route a été longue, vous devez être exténué. Tenez, prenez un peu de thé pour vous réchauffer. Je ne me suis pas excusé de vous avoir fait venir si rapidement, j'en suis désolé. Mais il est grand temps pour moi de rejoindre ma bien aimée.
Je ne voulais pas partir sans vous avoir transmis une histoire vieille de plusieurs millénaires. Comprenez, ce savoir est si précieux, je ne désire pas qu'il se perde. Je souhaiterai qu'un jour, vous le transmettiez à votre tour. Acceptez-vous de m'écouter ?
Merci. Je vous en suis très reconnaissant. Tout d'abord, permettez moi de vous prévenir : Vous risquez d'être surpris par ce que je vais vous raconter.
Pourquoi est-ce à vous que j'aie décidé de transmettre cette histoire ? Tout simplement parce que je vous ai longuement observé durant votre enfance. Je sais que vous rêviez d'histoires de chevalerie, d'épopées héroïques et de combats épiques. De plus, j'ai confiance en vous. Je suis sûr que vous respecterez mon souhait. Je dois vous l'avouer, je pense que vous êtes l'une des rares personnes à accepter de m'écouter jusqu'à la fin.
J'ai déjà essayé vous savez. Mais à chaque fois, l'on m'a pris pour un vieux fou. Je n'ai encore jamais réussi à la raconter entièrement. J'espère sincèrement que cela sera différent avec vous.
Comme je vous l'ai dit, l'heure de mon départ est proche... Ne me flattez pas, je sais que je parais en pleine forme. Ce n'est qu'une illusion. Je sens bien en moi que je vais bientôt devoir m'en aller. Mais n'en parlons plus, nous aurons d'autres sujets bien plus graves à aborder lors de mon récit. Acceptez-vous toujours de m'écouter ?
Bien ! Dans ce cas, ne perdons pas de temps.
Avant de commencer, je dois vous expliquer une chose très importante. Le continent actuel, n'a plus rien à voir avec ce qu'il fût naguère. Au départ, il n'y avait qu'un seul et unique continent peuplé par différents peuples. J'entends par là, des peuples comme, les Nains, les Elfes, et bien d'autres...
Attendez avant de réagir ainsi ! Je me doutais que vous auriez du mal à me croire... Je sais que cela peut vous paraître étrange. Vous me prenez certainement déjà pour un vieux fou alors que je viens à peine de commencer mon récit. Je vous assure que tout ce que je vais vous dire est réel...
Non, ne partez pas. Veuillez au moins m'écouter ! Vous pourrez alors juger par vous-même de la véracité de mon récit... Je vous en prie !
Souvenez-vous de votre enfance. Vous avez cru autrefois à toutes ces histoires. Vous rêviez même d'être chevalier, n'est-ce pas ? Pourquoi ne serait-ce pas pareil ? N'y a-t-il pas des légendes de Dragons terrassés par de preux chevaliers ? De monstres effroyables tels que les vampires ou les loups-garous ? Qui vous dit que toutes ces histoires n'ont pas été bien réelles ?
Je pensais sincèrement que vous seriez la personne la mieux placée pour m'écouter. Bizarrement, de tous ceux à qui j'ai voulu raconter mon histoire, vous êtes celui qui réagissez le plus mal.
Ou peut-être avez-vous peur ? Peur d'être déçu ?
Je ne vous retiens pas. Si vous désirez partir, vous le pouvez. Mais s'il reste en vous une once de rêve, écoutez-moi. Osez oubliez tout ce que l'on vous a appris ! Laisser revivre votre âme d'enfant !
Vous restez alors ? Je vous en suis très reconnaissant. Je vous promets que vous ne le regretterez pas.
Où en étais-je déjà ?... Ah oui, voilà.
Au sein de ce continent, il y avait de nombreux peuples qui aujourd'hui semblent avoir disparu. Ils vivaient tous en paix, ou presque.
En réalité, deux pays engendraient une menace perpétuelle pour l'ensemble du continent.
Le premier d'entres-eux était un groupe de cinq îles se nommant Keltania. Là, vivaient les Elfes Noirs, tout au Nord du continent. C'était un peuple haï de tous. La légende voulait qu'ils aient amené le mal sur terre. Ce qui, je dois bien l'avouer, n'était pas tout à fait faux. Mais pas totalement vrai non plus. À l'époque de mon récit, ils étaient en guerre depuis plus de dix-neuf ans avec le Royaume Azurain, le pays des Hommes.
Le deuxième pays était lui aussi une île, située au Sud-ouest du continent. Cette île, incarnait à elle seule le mal absolu. À côté, les Elfes Noirs paraissaient doux comme des agneaux.
Il s'agissait de l'Orgerac. Il y avait déjà eu une guerre entre les Royaumes du continent et l'Orgerac. Cela avait été une guerre comment dire... épouvantable ! Oui, épouvantable est le bon mot.
Lors de ce conflit, le continent avait été mi à feu et à sang. Plusieurs Royaumes étaient tombés sous le joug de l'ennemi. Le continent entier serait tombé sous sa coupe, si un Sorcier ne s'était pas sacrifié pour renverser le cours des choses. Car voyez-vous, il avait établi une protection magique infranchissable sur le fleuve Seinadour, coupant ainsi le continent en deux. L'ennemi ne pouvant plus passer ni par terre, ni par mer, dû se résigner à cesser l'assaut. Pendant ce temps, les Royaumes encore libres en profitèrent pour se réunir et se réorganiser avant de contre-attaquer et de vaincre les armées adverses, libérant ainsi le reste du continent.
Mais je m'égare, je ne vous en dit pas plus. Cela sera expliqué en temps utile...
Ce qu'il faut que vous sachiez avant tout. C'est que cette histoire parle d'Hommes et de Femmes, tout peuple confondu. Certains honnêtes et d'autres moins. Mais beaucoup d'entres eux n'hésitèrent pas à se sacrifier pour ramener la paix.
Je vous demanderai donc maintenant d'écouter jusqu'au bout ce que je vais vous raconter, afin de respecter leur mémoire. Je vous demande de me le promettre.
Bien ! Voici donc leurs histoires :
Tout commença lors d'un massacre commis par les Keltans...




